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Santé et web, s’informer, se divertir, débattre

Comment faire le tri des nombreuses informations santé que l’on trouve sur internet ? Éléments de réponses avec Ilaria Montagni, chercheuse en communication et santé à l’université de Bordeaux et Maël Lemoine, chercheur en philosophie des sciences biomédicales à l’université de Bordeaux.
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© Pixabay

Selon Maël Lemoine, « Internet propage plus rapidement que jamais les nouvelles tendances santé fortement influencées par le marketing. L’information médicale est de plus en plus présentée sous un angle exagéré et consommée en tant que divertissement ». La déformation d’études pour les rendre spectaculaires peut être une source de faux espoirs chez des communautés de patients et peut générer de l’anxiété chez les lecteurs. Ilaria Montagni note : « Certaines populations sont susceptibles d’être influencées par ces informations déformées. D’autres, comme les étudiants, habitués à analyser les informations de manière plus critique, sauront vérifier les sources et repérer un article sensationnaliste. »

Maël Lemoine ajoute « qu’avoir un esprit critique n’empêche pas d’être naïf ». Par exemple, les partisans de théories anti-vaccination ont souvent effectué des heures de recherches sur Internet. L’existence quasi infinie d’informations contradictoires nous laisse livrés à nos propres biais cognitifs. Nous choisissons les sources d’informations correspondant le mieux à notre manière de penser. Le résultat : les sources préférées par les publics sont les moins neutres. De plus, les informations visibles sur les réseaux sociaux sont très souvent axées sur nos préférences. « Nous observons une polarisation du traitement de l’information. Les réseaux sociaux créent des mouvements presque fanatiques, qui s’affrontent au quotidien sans jamais dialoguer. » Confortés dans notre façon de penser, notre opinion sur la médecine et la recherche se fige. Paradoxalement, chercheurs, médecins et organismes de santé sont écartés du débat. Selon Ilaria Montagni, le cœur du problème n’est pas le numérique mais l’humain.

Internet–mégaphone : mieux régler le volume

« Internet agit comme un mégaphone amplifiant les voix des communicants. Ce qui est important c’est de pouvoir redimensionner l’information, la remettre dans un cadre. » La présence d’informations provenant des scientifiques eux-mêmes pourrait atténuer la confusion régnant sur tous les supports digitaux. « Le cerveau humain est quotidiennement exposé à une énorme masse de stimuli. Notre attention devient de plus en plus courte. Nous voyons un message  plus facilement s’il est présenté en image. » Mais un format court ne doit pas signifier information partielle. « Le piège, selon Maël Lemoine, c’est d’infantiliser le grand public. Par exemple, ne pas répertorier les bénéfices et les risques d’un médicament. Cela encourage les théories du complot. » Un équilibre difficile à maintenir.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que la confusion règne. La chercheuse explique : « Récemment sont apparus des appels à projet de recherche afin de promouvoir l’éducation numérique. » L’objectif : apprendre du passé pour s’adapter au futur.

Eléonore Govilas

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