
Sportifs sous contrôle
Les objets connectés permettent une analyse simplifiée des performances sportives. À Bordeaux, l’équipe PMH_DySCO menée par Laurent Arsac les utilise au quotidien dans la recherche et la formation.

©PMH_DySCo
Le 100 mètres brasse en 57 secondes, 9 126 points sur un décathlon et 6,16 mètres sautés à la perche. Autant de records qui ne cessent d’être améliorés, toutes disciplines confondues. Le développement des technologies permet-il à nos sportifs d’être de plus en plus performants ?
« La technologie qu’il y a dans les smartphones permet de recueillir des données avec une précision tout à fait suffisante pour faire de la recherche », explique Laurent Arsac, responsable de l’équipe. Ces enseignants-chercheurs en Staps se sont réunis il y a trois ans autour des questions d’analyse de variabilité des rythmes physiologiques et moteurs. Ils utilisent pour cela toute une panoplie d’objets connectés. Le perfectionnement des appareillages permet d’alléger les dispositifs de mesure sans pour autant perdre en qualité. Ces études permettront de mieux comprendre les rythmes biologiques du corps humain et trouveront leur application tant dans l‘amélioration des performances sportives que dans le bien-être de tout un chacun. « Nos rythmes biologiques ne sont ni aléatoires, ni parfaitement réguliers. Étudier la variabilité de ces fluctuations temporelles permet de détecter un dysfonctionnement. »
Des travaux récents du groupe montrent par exemple que la synchronisation de sa respiration sur sa fréquence cardiaque réduit considérablement le stress. Pour que ces études ne restent pas à l’état de recherche, une nouvelle spécialisation du master en sciences du sport a été créée afin d’inclure ces technologies dans la formation des futurs préparateurs physiques. Ils apprennent ainsi à utiliser ces outils, mais surtout à en exploiter les données et à adopter un regard critique sur leur utilisation. « Sans les connaissances en physiologie qu’il y a derrière ces procédés, une moyenne ne veut rien dire. Une mauvaise interprétation de ces résultats peut même être dangereuse. »
(Dé) brancher ?
Dans les espaces dédiés à la formation et à la recherche, pas d’électrodes ni de dizaines de fils reliés à des ordinateurs, mais des capteurs Bluetooth pour des relevés de rythme cardiaque ou de position en trois dimensions et des caméras haute vitesse. La miniaturisation des dispositifs permet également de faire des mesures en conditions réelles, pendant un match sur un terrain de rugby par exemple.
L’UFR Staps de Bordeaux va aller encore plus loin dans la synergie entre sport et technologie puisque le nouveau gymnase prévu pour 2021 sera entièrement équipé et connecté. Les différents outils sur le terrain et portés par les sportifs permettront aux étudiants et chercheurs d’analyser en direct les performances. L’intérêt pour les nouvelles technologies dans le sport ne cesse de s’accroître. Le CNRS a même récemment relancé le groupement de recherche Sport et débloqué des financements pour des appels à projet sur ces sujets. Avec l’arrivée des JO 2024 à Paris cet engouement n’en est qu’à ses prémices. Allons-nous vers des compétitions connectées et des performances toujours plus étonnantes ?
Lucile Del Campo