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PORTRAIT-ROBOT

Piégeuse d’ions pour études nucléaires

« Ce que j’aime c’est travailler avec des gens ; plus on partage plus on avance. »

Pauline Ascher

Les expériences de physique des particules sont génératrices de semaines très intenses : « on bosse comme des zombies » enfermés dans des laboratoires souterrains. Pourtant, à peine de retour en surface, Pauline Ascher a le verbe franc et le sourire rieur. Portrait chrono d’un électron à tête chercheuse.Dans sa jeunesse l’attraction de Pauline Ascher pour l’école est inversement proportionnelle à sa passion pour la physique ; elle préfère la compagnie de sa bande de potes. « J’agaçais beaucoup mes profs, et encore plus avec mes bonnes notes ».Ses facilités lui assurent un parcours sans faute jusqu’en école d’ingénieurs, mais c’est un univers trop étroit pour cette scientifique en devenir. Motivée par quelques enseignants enthousiasmants, la recherche en physique fondamentale exerce son appel : « c’est tellement magique de mettre le rebond d’une balle en équations ! »

Un premier stage en Suède, un autre à Bordeaux au CENBG [1] et tout s’enchaîne avec fluidité ; sa thèse sur un nouveau détecteur de particules à peine soutenue, elle s’envole pour trois ans de « post-doc » en Allemagne. Enfin retour au CENBG où elle décroche un poste de chercheuse un an plus tard.

Aujourd’hui elle y nage comme un poisson dans l’eau ; la voilà cheffe du projet « Piperade ». Oui elle aime faire la cuisine mais ici c’est pour dire « piège de Penning à ions à radioactivité de Désir ». On enchaîne les acronymes chez les physiciens, Pauline Ascher décodant non sans malice Désir en « désintégration, excitation et stockage d’ions radioactifs ».

 

Infos-clés

2008 : Diplômée ingénieure à Caen

2011 : Soutient sa thèse sur la radioactivité « deux protons » à Bordeaux

Juin 2015 : Devient chercheuse au CENBG (CNRS)

« Si j’étais une machine je serais un train ; pour ce que cela représente comme invitation au voyage, pour prendre son temps et aller à la rencontre de l’autre. »

Ce piège est un très gros aimant gainé d’électrodes qui freine et suspend les ions pour mieux les étudier. Mais loin de l’audience grand public, où est le moteur? D’abord dans l’exploration de la matière, et aussi dans le travail en équipe. « J’adore les interactions avec les gens de la recherche ; il y a toujours du mouvement ». Même si « on bosse à l’arrache » faute de moyens.Des projets pour plus tard ? Les premières concrétisations de ses travaux sont prévues pour 2024 mais Pauline Asher voit à long terme ; « J’aimerais bien enseigner ». Sûr qu’elle saura passionner ses élèves, même les plus agaçants.

[1] Centre d'études nucléaires de Bordeaux - Gradignan

Guillaume Girard

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