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PORTRAIT-ROBOT
Chef de projet SuperCam France
« Dans l'espace, les robots sont avant tout les précurseurs des hommes »
Philippe Caïs
Diplômé en physique appliquée, Philippe Caïs passe désormais tout son temps la tête ailleurs, plus précisément sur Mars, notre voisine rouge. Travailler dans le spatial était un vrai rêve d’enfant et depuis près de 20 ans, il développe des machines qui voyagent au-delà de notre atmosphère. Dès sa soutenance de thèse, il est recruté par le CNRS pour travailler au laboratoire d’Astrophysique de Bordeaux (LAB). « Je m'intéresse surtout à tout ce qui touche aux instruments spatiaux, dont les satellites et les robots d'exploration. »
Philippe Caïs a travaillé presque 10 ans sur le développement d’instruments pour le satellite Herschel, télescope spatial infrarouge : « On est surtout là pour le développement et la production d’outils scientifiques et après le lancement, on reste pour aider à la maintenance et gérer les pépins. »
Ensuite, il a enchaîné sur des outils de robots d’exploration martienne, dont la ChemCam de Curiosity, instrument d’analyse des roches, et l’instrument Wisdom d’ExoMars, radar pour détecter des restes de glace dans le sous-sol martien. Désormais, il travaille sur l’instrument SuperCam du rover Mars 2020, qui servira à distinguer avec précision la nature des roches de Mars et trouver des traces de vie passée.
Il travaille au LAB, où il y a du développement d’électronique et codage de logiciel de vol, mais aussi à l’Irap (Institut de recherche en Astrophysique et Planétologie) où l’instrument SuperCam est par exemple intégré. « J’ai un emploi du temps très chargé, mais c’est un travail passionnant. » Il a eu la chance de voir le satellite Herschel en Guyane, puis le décollage de Curiosity aux États-Unis en personne : « C’était génial, c’est un vrai aboutissement de projet. »
Infos-clés
1999-2006 : Travaille sur le satellite Herschel
2006-2009 : Travaile sur la ChemCam du rover martien Curiosity (Nasa)
2006-2016 : Travaille sur l'instrument Wisdom du rover martien ExoMars (Agence spatiale européenne)
2014-2020 : Chef de projet de la partie française de l’instrument SuperCam du rover Mars 2020 (Nasa)
Si j’étais une machine, je serais un robot d’exploration spatiale - un peu comme Wall-E, le robot Pixar, je le trouve génial.
Pour le chercheur, les robots détiennent un rôle important : « Ils vont où l’Homme ne peut pas encore aller, ils font face à des contraintes que nous ne sommes pas encore en mesure de vaincre. » Les avantages sont divers : pilotables à distance, programmables, à navigation semi-autonome. Mais, le plus important, « le robot reste contrôlé par l’Homme même à des millions de kilomètres ». Pour lui, les robots d’exploration sont de véritables précurseurs : « notre objectif c’est de préparer l’exploration humaine de Mars. »
Lillian Stanton